Heure Sainte octobre 2026

Avec l’évangile selon Saint Luc

Heure Sainte avec l’Évangile de saint Luc

Selon la demande de Jésus à sainte Marguerite Marie, nous vous proposons de veiller une heure avec Jésus, en l’accompagnant pas à pas dans son agonie.

Exposition du saint Sacrement

Chant : Torrent de lumière

[partition 10-46, p. 464, livret pèlerin (lp) p. 56]

Torrent de lumière, viens me visiter
Toi, la source de la joie, viens me vivifier.
C’est toi que je cherche pour te ressembler,
Jésus, mon Sauveur, mon Seigneur, et mon Dieu !

Flamme purifiante, brûle mon péché
Et viens transformer mon cœur, dans l’humilité.
Mets en moi le feu de ta charité,
Jésus, mon Sauveur, mon Seigneur, et mon Dieu !

Amour qui pardonnes, baume sur mes plaies,
Apprends-moi l’offrande de ma pauvreté.
Cœur plein de tendresse, donne-moi ta paix,
Jésus, mon Sauveur, mon Seigneur, et mon Dieu !

J’aime ta parole, je connais ta voix,
Apprends-moi ta volonté, fais grandir ma foi.
Montre ta sagesse, éclaire mes pas,
Jésus, mon Sauveur, mon Seigneur, et mon Dieu !

Méditations

Jeudi 1er octobre

Aujourd’hui, nous faisons mémoire de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Ici nous citons quelques paroles d’elle en lien avec la thématique de l’Heure Sainte. « Notre Seigneur dans le Jardin des Oliviers jouissait de toutes les délices de la Trinité, et pourtant son agonie n’en était pas moins cruelle. C’est un mystère, mais je vous assure que j’en comprends quelque chose par ce que j’éprouve moi-même… Le Bon Dieu se plaît à nous entendre dire avec JÉSUS : “Père, éloignez de moi ce calice”, car Il sait que, néanmoins, nous nous abandonnons à sa volonté ! Pour souffrir “comme il faut”, il suffit de souffrir “petitement”, comme JÉSUS à Gethsémani. Et c’est cela qui donne la paix de l’âme. »

Jeudi 8 octobre

Il y a trois jours nous célébrions la mémoire de Sainte Faustine, messagère de la Divine Miséricorde. Quelques paroles d’elle relatives à l’Agonie de Jésus. « J’ai passé toute la nuit avec Jésus à Gethsémani. De ma poitrine ne sortait qu’un gémissement de douleur… Lorsque l’âme séjourne dans les ombres de Gethsémani et dans la douleur de l’amertume solitaire, elle monte vers les hauteurs avec Jésus… Et quoiqu’elle boive constamment l’amertume, elle n’est pas triste. Quand l’âme accomplit la volonté du Dieu très haut, (l’âme) transpercée par ces ténèbres entend la voix de Jésus qui lui redit sa présence et sa fidélité. »

Jeudi 15 octobre

Demain, solennité de Sainte Marguerite-Marie. Bien que très connues, il n’est pas inutile de réentendre les paroles que Jésus lui a communiquées ; écoutons-les avec elle et surtout guidés par elle. « Toutes les nuits du jeudi au vendredi, je te ferai participer à cette mortelle tristesse que j’ai bien voulu souffrir au Jardin des Oliviers… Tu te lèveras entre onze heures et minuit pour te prosterner pendant une heure avec moi, la face contre terre, tant pour apaiser la divine colère en demandant miséricorde pour les pécheurs, que pour adoucir en quelque façon l’amertume que je sentais de l’abandon de mes apôtres… En réponse à mon empressement à leur faire du bien, les hommes n’ont que froideur et rebut… Toi du moins, console-Moi en suppléant à leur ingratitude… »

Jeudi 22 octobre

Aujourd’hui, mémoire de Saint Jean-Paul II. Nous nous réjouissons au souvenir de sa venue à Paray-le-Monial, il y a 40 ans. Quelques paroles de lui, prononcées en Terre Sainte, en mars 2000. « Jésus vient à Gethsémani pour révéler un aspect de la vérité sur lui-même, le Fils ; et il le fait spécialement par ce mot : Abba. Et cette vérité, cette vérité inouïe sur Jésus-Christ, consiste en ce que, ayant « le rang qui l’égalait à Dieu », comme fils consubstantiel au Père, il est en même temps vrai homme. En effet, il se désigne fréquemment lui-même comme « le Fils de l’homme ». Jamais la réalité du Fils de Dieu n’a été manifestée autant qu’à Gethsémani : il « prend la condition d’esclave » selon la prophétie d’Isaïe (sur le Serviteur souffrant). La prière de Gethsémani, autant et plus que toute autre prière de Jésus, révèle la vérité sur l’identité, la vocation et la mission du Fils venu dans le monde pour accomplir la volonté paternelle de Dieu jusqu’au bout, lorsqu’il dira que « tout est accompli ». »

Jeudi 29 octobre

Au terme des méditations de ce riche mois d’octobre, nous laissons la parole à Saint Claude La Colombière ; dans une méditation il se demande si les souffrances de Notre Seigneur n’étaient pas excessives, alors qu’une goutte de sang ou une larme auraient suffi pour nous réconcilier avec le Père. La Réponse que Claude met sur les lèvres de Jésus est poignante, et nous ramène à l’urgence d’œuvrer à la consolation de son Cœur, si ardemment demandée par Lui à Sainte Marguerite-Marie. Voici donc les paroles de Saint Claude, qui nous invitent à la vigilance et à une nouvelle ferveur dans notre désir de conversion et dans notre intercession pour ce monde dont l’amour s’est refroidi. « Mais n’est-ce pas trop, mon adorable Sauveur ? Oui, vous répondra-t-il, c’est trop pour apaiser mon Père, trop pour éteindre la haine de mes ennemis, trop pour effacer tous les péchés de la terre, trop pour étouffer tous les feux d’enfer ; mais ce n’est pas assez pour toucher ton cœur, pour t’inspirer le moindre sentiment de reconnaissance. »

H + 8 min

Chant : Cœur de Jésus, ô cœur divin

[partition 25-01, p. 309, lp p. 56]

Cœur de Jésus, ô cœur divin, Cœur transpercé par mes péchés,
Cœur plein de grâce, source de vie, purifie-moi et sauve-moi.
Voici ton cœur empli d’amour, Jésus, mon Sauveur,
Ce cœur brûlant qui pour moi a tout donné.
Viens me délivrer du péché, par le sang et l’eau
Qui ont jailli de ton côté transpercé.

Évangile selon St Luc : 22, 39

Jésus sortit pour se rendre, selon son habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent.

Méditation

Pour les méditations, nous citons des paroles du Pape François commentant le récit de l’Agonie de Jésus selon Saint Luc, récit évangélique qui forme la trame de cette Heure Sainte. Les paroles de François sont extraites de son Encyclique « Laudato Si ».

Gethsémani, en hébreu signifie « le pressoir » ou, mieux, « le pressoir à huile », l’endroit où l’on presse les olives. Le pressoir dans la tradition juive rappelle la vengeance de Dieu, par exemple quand le prophète Isaïe dit : « À la cuve, j’étais seul à fouler : personne de mon peuple avec moi ! Et je les ai foulés dans ma colère, je les ai piétinés dans ma fureur. » Aujourd’hui, grâce à l’expérience de Jésus, nous en apprenons plus sur ce pressoir ou ce fouloir et sur la vengeance de Dieu. Le récit de Luc nous décrit un homme profondément détaché des autres, souffrant, priant, ressentant de la tristesse et de l’angoisse, un « Christ douloureux ». Luc veut nous parler de l’agonie, de la souffrance, des larmes de Dieu face aux épreuves.

H + 16 min

Chant : Moi si j’avais commis

[Partition 12-27, lp p. 53, couplets 1 et 2]

Moi si j’avais commis tous les crimes possibles
Je garderais toujours la même confiance
Car je sais bien que cette multitude d’offenses
N’est qu’une goutte d’eau dans un brasier ardent

Oui, j’ai besoin d’un cœur, tout brûlant de tendresse
Qui reste mon appui, et sans aucun retour
Qui aime tout en moi, et même ma faiblesse
Et ne me quitte pas, ni la nuit ni le jour
Et ne me quitte pas, ni la nuit ni le jour

Évangile selon St Luc : 22, 39-40

39 Jésus sortit pour se rendre, selon son habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent.
40 Arrivé en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. »

Méditation

Le pire mal est l’abandon : la souffrance de Dieu est dans sa solitude par rapport à l’homme. Dans le pressoir à huile de Gethsémani, ce soir, cet abandon est porté à son plus haut niveau. Jésus lui-même se sent abandonné par le Père. Jésus, complètement humain, choisit de vivre cet immense drame que l’homme vit quand il abandonne Dieu. Dans son cas, c’est d’autant plus vif, étant une déchirure de la Trinité même et l’abandon entre le Père et le Fils. Tel est l’amour de Dieu pour l’humain qu’il ressent sa propre déchirure !

H + 24 min

Chant : Mon Père, je m’abandonne à toi

[partition 14-30, p. 328, lp p. 54]

Mon Père, mon Père, je m’abandonne à toi,
Fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses, je te remercie,
Je suis prêt à tout, j’accepte tout,
Car tu es mon Père,
Je m’abandonne à toi.
Car tu es mon Père,
Je me confie en toi.

Évangile selon St Luc : 22, 40-42

40 Arrivé en ce lieu, Jésus leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. »
41 Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. S’étant mis à genoux, il priait… en disant : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. »

Méditation

Jésus commence par mettre de la distance entre les disciples et lui… Pourquoi exactement un jet de pierre ? Cela fait référence à la fuite de David poursuivi par son fils Absalom et qui, se réfugiant sur le mont des Oliviers, est attaqué par une foule qui lui lance des pierres. Jésus, comme David, est maintenant à « environ » un jet de pierre. Il est à portée de main de ses disciples, ils peuvent tous lui faire du mal, que cela soit par déni, solitude ou trahison. Jésus est l’agneau qui se laisse blesser par ses disciples.

H + 32 min

Chant : Jésus, j’ai confiance en toi

[partition 20-10, p. 22, lp p. 52]

Évangile selon St Luc : 22, 41-43

41 Puis Jésus s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. S’étant mis à genoux, il priait… en disant :
42 « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. »
43 Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait.

Méditation

Jésus se met à genoux, alors que la prière était habituellement récitée debout. C’est une prière continue… pendant laquelle Jésus appelle Dieu « Abba », c’est-à-dire « Père », un mot qui nous rappelle la parole créatrice, une nouvelle Création, sortant des ténèbres et du mal du monde. Tout d’abord, Jésus se distancie du mal et demande au Père : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe », c’est-à-dire la coupe de la souffrance voulue par l’humanité. Dieu ne veut pas le mal : ce sont les êtres humains qui construisent des croix, qui infligent la souffrance à leurs frères, à leurs sœurs et à toute la Création. Dieu souffre ce mal et, s’il pouvait choisir, il préférerait que ce calice soit éloigné de lui. Mais il fuit également la tentation d’un Dieu avec une baguette magique, la tentation du pouvoir et de l’immunité, en priant : « cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. » La racine de tout mal dans le monde réside dans l’exclusion de Dieu quand nous mettons nos propres ego au centre. « Ma » [volonté] exclura la volonté de Dieu, la volonté du bien. Il ne suffit pas d’être pauvre, mais, dans la vie, il faut aspirer à ne rien détenir en propre parce que la possession est le contraire de l’amour. À Gethsémani, cela devient remarquablement clair.

H + 40 min

Chant : Ô sang et eau

[partition 20-18, p. 334, lp p. 55]

Ô sang et eau qui avez jailli du Cœur de Jésus,
Comme source de miséricorde pour nous,
J’ai confiance en vous.
Ô sang et eau qui avez jailli,
Ô sang et eau qui avez jailli du Cœur de Jésus,
Du Cœur de Jésus
Comme source de miséricorde pour nous,
J’ai confiance en vous.
J’ai confiance en vous.
Ô sang et eau qui avez jailli du Cœur de Jésus,
Comme source de miséricorde pour nous,
J’ai confiance en vous.

Évangile selon St Luc : 22, 43-44

43 Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait.
44 Entré en agonie, Jésus priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre.

Méditation

Il y a un rayon de lumière, une lueur dans les ténèbres illuminant cet homme à genoux à un jet de pierre de ses amis endormis, un ange lui rappelant la promesse. Et dans cette lutte, dans cette agonie, « entré en agonie, Jésus priait avec plus d’insistance ». Il priait. La prière, la seule arme en notre possession face à la souffrance, le mal du monde, les guerres, les injustices, pour nous rappeler que le problème n’est pas de mourir (à tort ou à raison, tôt ou tard, on doit mourir), mais le problème est de vivre sans avoir aucun dialogue avec Dieu. La prière est notre chance de dialoguer avec Dieu, avec la certitude de sa présence à nos côtés. En Jésus, c’est encore plus dramatique parce que c’est Dieu lui-même et, dans le pressoir à huile, il se sent être séparé de lui-même, une douleur que nous-mêmes ne pouvons même pas imaginer au point que « sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre ».

H + 48 min

Chant : Aimer c’est tout donner

[partition 12-04, lp p. 47]

Aimer c’est tout donner, aimer c’est tout donner
Aimer c’est tout donner et se donner soi-même

Évangile selon St Luc : 22, 44-46

44 Entré en agonie, Jésus priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre.
45 Puis Jésus se releva de sa prière et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis, accablés de tristesse.
46 Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. »

Méditation

« Puis Jésus se releva de sa prière et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis, accablés de tristesse. » La tristesse et l’agonie. À un jet de pierre, nous voyons la grande différence entre les disciples et Jésus. Notre humanité vit souvent dans la tristesse en se noyant dans le chagrin et en nous poussant à dormir. La divinité de Jésus réside dans l’agonie et dans les luttes, mais aussi dans le désir de se relever. Luc utilise le même verbe pour indiquer la résurrection, un fort désir de se relever, au point qu’il est répété deux fois en peu de temps, quand « Il leur dit : “Pourquoi dormez-vous ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation.” » Relevez-vous et priez. C’est ce que nous devons faire face au mal, même le mal le plus injustifiable. C’est le plus grand enseignement que nous recevons, ce soir, parmi les oliviers dans le jardin des Oliviers près de Jérusalem.

H + 56 min

Évangile selon St Luc : 22, 45-48, 54

45 Puis Jésus se releva de sa prière et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis, accablés de tristesse.
46 Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. »
47 Tandis qu’il parlait encore, voici une foule, et à sa tête marchait le nommé Judas, l’un des Douze, qui s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser.
48 Mais Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ! »…
54 L’ayant donc saisi, ils l’emmenèrent…

Méditation

Prière du Pape François, lors d’un chemin de Croix. Seigneur Jésus, fais que nous puissions comprendre plus profondément le grand “mystère du mal” et dans quelle mesure nous y avons contribué. Puisque la souffrance est entrée dans la vie humaine à travers le péché, ton plan a prévu que l’humanité fût sauvée du péché à travers la souffrance. Que ne se perdent aucune des petites contrariétés, humiliations et frustrations que nous subissons dans nos vies quotidiennes ni aucun des grands malheurs qui nous frappent de manière inattendue. Unies aux tiennes, puissent les tribulations que nous supportons, accueillies par toi, produire de l’espérance. Seigneur, enseigne-nous à être emplis de compassion non seulement avec ceux qui ont faim, qui ont soif, avec les malades ou ceux qui se trouvent dans un état de besoin particulier, mais aussi envers ceux qui sont enclins à être grossiers, polémiques ou offensants. De cette manière, puisque tu nous as réconfortés dans toutes nos difficultés, puissions-nous nous aussi “réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu”.

Bref silence puis : Tantum Ergo et Litanies et déposition du Saint Sacrement.

Chant : À toi, puissance et gloire

[Partition 12-02, p. 10, lp p. 35]

À toi, puissance et gloire, à toi, honneur et force,
À toi, la majesté, ô Dieu, à jamais !

Chant : Salve Regina

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