Pèlerinage de mémoire et de prière

pour les personnes victimes d’abus

Prochain rendez-vous

Le prochain rendez-vous est le dimanche 4 octobre , à 9h, devant la Vierge, dans le parc des chapelains.

Nous vivrons une marche silencieuse jusqu’à la chapelle de Romay où nous pourrons déposer nos intentions.

11h00, messe à la Basilique, avec la paroisse. 

12h15, temps fraternel et apéritif-déjeunatoire au Centre de pèlerinage

Dates 2027

Samedi 27 février 

Samedi 22 mai

Chacun est invité à vivre une marche silencieuse jusqu’à la chapelle de Romay où nous déposons nos intentions et méditons un passage de la parole de Dieu.

Ce pèlerinage se vit dans le respect et la simplicité de ce que nous portons comme victime, témoin, confident, peut-être coupable ou complice, frère dans la foi.

La démarche proposée est simple, discrète, gratuite et ne demande aucune inscription.

Retour sur le pèlerinage du 30 mai 2026

Lors de notre dernier rendez-vous le samedi 30 mai, nous avons vécu 3 temps à la fois distincts et complémentaires :

Une marche silencieuse jusqu’à la chapelle de Romay :

Un atelier mosaïque dans le cadre du projet “Renaissance, la symphonie des tesselles” avec Sœur Samuelle.

Une soirée fraternelle au cours de laquelle Soeur Samuelle et Quentin Delcourt ont donné leur témoignage. Sœur Samuelle, artiste mosaïste, a partagé son chemin de renaissance : ce temps désormais ouvert à la vie, où il est possible de vivre non pas « malgré » mais « grâce à » des blessures qui restent présentes. Quentin Delcourt, réalisateur du film documentaire était également présent avec son équipe.

Le projet Symphonie des Tesselles s’achève à Lourdes le 30 juin 2026. Le film documentaire est prévu pour 2027. Une projection en avant-première aura lieu à Paray-le-Monial. Par ailleurs, un fragment de la mosaïque sera installé dans le parc des chapelains. Nous vous tiendrons au courant le moment venu.

Image de Contact :

Contact :

Antoine Hastings : 06 09 69 20 49

Ouvrir des chemins de réparation

Article Eglise d’Autun n°4 – Février 2026

Face à une souffrance causée par des crimes sexuels et des abus d’emprise, l’Église est appelée à se tenir là, prête à écouter, à prendre des mesures pour éradiquer ces déviances, mais aussi à consoler. À Paray-le-Monial, un groupe, formé sous le patronage de sainte Joséphine Bakhita, propose une démarche humble et libre : marcher ensemble, prier, se laisser consoler auprès du Cœur de Jésus, et porter dans son cœur ceux qui ne peuvent pas venir. Une proposition spirituelle appelée à inspirer l’ensemble du diocèse.

La souffrance causée par les abus, les violences et les situations d’emprise dans l’Église est toujours destructrice. Elle atteint l’intime, fragilise durablement la confiance et isole profondément. Parfois, elle est telle qu’elle rend impossible tout retour vers « l’institution Église », que les personnes victimes considèrent responsable de ce qu’elles ont subi. Face à cette réalité, aucune réponse simple n’existe. Mais l’Église ne peut se dérober à sa responsabilité : elle est appelée à se tenir là, à accompagner, à porter, à ouvrir des chemins de réparation.

 À Paray-le-Monial, un petit groupe a choisi une voie volontairement humble : proposer un pèlerinage silencieux et totalement libre. Constitué autour du père Etienne Kern, recteur du sanctuaire de Paray-le-Monial, il rassemble : le père Robert Huet, s.j, qui a beaucoup accompagné et continue d’écouter la parole des personnes victimes, des laïcs, comme Monique et Jean-Louis Fradon, ainsi que le diacre Antoine Hastings et son épouse Anne.

Ce pèlerinage a été conçu modestement, non comme une solution, mais comme un espace de consolation et de liberté, enraciné dans la grâce propre du lieu, celle du Cœur de Jésus, lieu de repos, de douceur et de relèvement de la dignité humaine.

« Nous n’avons pas la prétention de rejoindre tout le monde », précise le père Étienne Kern. « C’est une proposition pour ceux qui peuvent, à ce moment-là, entrer en contact avec la grâce du lieu, auprès du Cœur de Jésus. »

Le respect de la souffrance subie

 Le choix du pèlerinage s’est imposé comme une forme profondément respectueuse. Marcher côte à côte, dans le silence, permet d’éviter le face-à-face, souvent trop violent pour des personnes blessées. Ici, personne n’est tenu de parler, de se présenter, ni même d’expliquer sa présence. La liberté est totale, l’anonymat respecté, et aucun geste n’est imposé. Un geste simple accompagne la marche : chacun porte un caillou, symbole d’un poids intérieur, d’un fardeau parfois indicible, déposé au terme du pèlerinage au pied de l’autel de la petite chapelle mariale de Romay. Ce cadre volontairement dépouillé protège ceux dont la liberté a été atteinte, et leur permet d’avancer à leur rythme. La prière d’intercession s’inscrit dans la même logique. Des prénoms sont confiés, sans explication : nul ne sait ce qu’ils désignent, ni les histoires qu’ils portent. Ce choix manifeste une Église qui accepte de porter sans interroger, d’accueillir sans enquêter. « On ne met pas la main sur les personnes, souligne Monique Fradon, tout se fait dans le silence, sans rien exiger, sauf si la personne elle-même souhaite parler. » « On ne sait pas ce qu’ils ont vécu, ou ce qu’ils ont fait, ajoute le père Étienne. On les dépose simplement dans le cœur du Seigneur. »

Une démarche ouverte

Le pèlerinage est ouvert à tous : personnes victimes, proches, témoins, membres de l’Église, et parfois aussi des personnes venues anonymement avec leur propre histoire, sans jamais être assignées à une place. Mais la démarche porte aussi une dimension plus large, essentielle :

« Nous marchons aussi pour ceux qui ne marchent pas », explique le père Étienne. « Certains sont trop blessés, trop en colère, trop éloignés de l’Église, ou simplement incapables, à ce moment-là, de faire ce pas ; c’est à nous de marcher pour elles. »

La marche devient alors un acte ecclésial : porter dans son cœur ceux qui ne peuvent pas venir, prier pour eux, sans attente ni injonction. La récurrence des pèlerinages — 3 fois par an — permet de laisser ce chemin ouvert. Un jour peut-être, la personne viendra, ou non. L’essentiel est qu’elle sache qu’elle est portée.

Réparer sans injonction au pardon

Un point est clairement posé : la démarche n’est pas un lieu où l’on parle du pardon comme d’une obligation.

« Le pardon a trop souvent été invoqué comme une injonction de silence, rappelle le père Étienne Kern. Le pardon peut être un chemin de libération, mais ce n’est pas à nous de le commander. » Le père Robert Huet, fort de son long ministère d’écoute, rappelle une réalité souvent méconnue :

 « La victime porte très souvent la culpabilité de l’agresseur, parce que lui ne l’a pas prise. »

Déposer cette culpabilité demande du temps, parfois un long accompagnement. Rien ne peut être forcé. La réparation, ici, n’est ni immédiate ni totale.

« Ce qui s’est passé est visité, mais tout n’est pas nécessairement pacifié, résume le père Étienne Kern. Et cela n’empêche pas d’avancer. »

Après la prière, chaque pèlerin repart avec une bougie allumée, en lieu et place de la pierre qu’il a déposée, dans l’espérance que cette démarche ait contribué à l’allégement des cœurs meurtris.

Le pèlerinage est ouvert à tous : personnes victimes, proches, témoins, membres de l’Église, et parfois aussi des personnes venues anonymement avec leur propre histoire, sans jamais être assignées à une place. Mais la démarche porte aussi une dimension plus large, essentielle :

« Nous marchons aussi pour ceux qui ne marchent pas », explique le père Étienne. « Certains sont trop blessés, trop en colère, trop éloignés de l’Église, ou simplement incapables, à ce moment-là, de faire ce pas ; c’est à nous de marcher pour elles. »

La marche devient alors un acte ecclésial : porter dans son cœur ceux qui ne peuvent pas venir, prier pour eux, sans attente ni injonction. La récurrence des pèlerinages — 3 fois par an — permet de laisser ce chemin ouvert. Un jour peut-être, la personne viendra, ou non. L’essentiel est qu’elle sache qu’elle est portée.

Le Cœur de Jésus, lieu de repos et de relèvement

Si cette démarche trouve à Paray-le-Monial une résonance particulière, c’est en raison de la grâce propre du lieu. « Le Cœur de Jésus est un cœur transpercé dont les plaies deviennent source de vie. Si j’approche ma plaie de sa plaie, elle est visitée. » Il ne s’agit pas d’une dévotion figée, mais d’une expérience vivante. « Nous ne parlons pas de statues, précise-t-il encore. Nous parlons d’une rencontre qui transforme : repos, consolation, libération, relèvement de la dignité humaine. »

Une invitation pour tout le diocèse

La démarche portée à Paray-le-Monial n’a pas vocation à rester isolée. Elle dit quelque chose de plus large : l’appel adressé à toute l’Église de ne pas détourner le regard et d’oser ouvrir, localement, des chemins de réparation ajustés aux réalités de chacun. Qu’il prenne la forme d’un pèlerinage silencieux, d’un temps de prière, d’une marche fraternelle ou d’un autre geste simple, l’essentiel demeure : se tenir aux côtés de ceux qui souffrent, dans une présence humble et fidèle. Les paroisses du diocèse sont ainsi invitées à s’emparer de cette question, chacune à sa manière, ou à venir accompagner cette marche de réparation. Les diocésains qui le souhaitent sont invités à rejoindre la prochaine rencontre, le 3ᵉ dimanche de Carême, pour marcher, prier, ou simplement être là. Une démarche ouverte — pour ceux qui peuvent venir, et pour porter ceux qui ne le peuvent pas.

Emmanuelle Chardin,
Responsable de la communication diocésaine

Le projet pastoral

Petit à petit, nous nous sommes orientés vers la proposition d’un pèlerinage.

Dans un pèlerinage, la plénitude de l’être est saisie et harmonisée. Le pèlerinage n’est pas de l’ordre du discours. C’est une démarche à la fois communautaire, physique, pénitentielle et symbolique. Il prend en compte, devant Dieu, les quatre dimensions de l’être humain blessé par le traumatisme : langage, histoire, corps et communauté humaine.

Autrement dit, c’est une proposition ordinaire, simple, facile à mettre en œuvre qui permet d’exprimer l’harmonie humaine et de restaurer un lien amical, une relation fraternelle qui a été rompu.

La personne peut participer sans être sollicitée. Simplement être là, marcher, favorise la réintégration communautaire. Il y a un espace de liberté qui permet d’entrer dans le groupe ou de rester à l’écart

Marcher ensemble exprime que nous sommes tous concernés. Nous sommes liés par le commandement de l’Amour !

Un pèlerinage régulier donne à chacun la possibilité de revenir et de s’ouvrir à la grâce. Il aide à se rassembler et à porter ensemble d’autres personnes.

Par ailleurs, il est simple à organiser, gratuit et accessible au plus grand nombre.

Pérégriner de la Visitation à Romay rend visible le lien entre le Cœur de Jésus et le cœur de Marie qui conduit à Jésus. Marie est proche de notre humanité. Elle nous aide à aller plus loin.

Pour donner encore plus de sens à cette démarche, nous souhaitons la mettre sous le patronage de Sainte Joséphine Bakhita.

« C'est le pardon de l'Église que j'ai reçu en plein cœur »

Une participante d'un de ces pèlerinages livre ici son témoignage :

Dimanche 3 mars 2024, j’ai participé à la marche silencieuse de prière pour les victimes et les responsables d’abus. Je souhaite vous dire merci et vous témoigner de la grâce reçue lors de votre présentation et de la marche !

Je crois que c’est de l’ordre de la libération. Rien de moins. L’été dernier, lors du dîner à la maison, je vous avais dit que nous étions à Paray « en convalescence après une rupture ecclésiale ». Je ne parvenais pas à faire une démarche de signalement et ce malgré les pressions de mon entourage.

Que s’est-il passé dimanche ? Votre introduction, appuyée des propos de Monseigneur Rivière, a provoqué en moi une réaction sensible d’abord puis, avec ces quelques jours de recul, de physiologique et spirituel certainement. La reconnaissance des abus et vos demandes de pardon en public, le fait aussi d’être « en Eglise » dans cette chapelle de Romay, tout cela  a fait sauter le verrou de la honte et du silence ! Tout en douceur, mais bien sensible, bien réel, dans le plus grand anonymat !

Le Seigneur a poursuivi son œuvre le lendemain à l’adoration par la méditation du Psaume 40 : « Mais toi, Seigneur, prends pitié de moi ; relève-moi, je leur rendrai ce qu’ils méritent. Oui, je saurai que tu m’aimes si mes ennemis ne chantent pas victoire. Dans mon innocence, tu m’as soutenu et rétabli pour toujours devant ta face. » Une provocation ! Car j’ai tant de mal à admettre le désir de Dieu à me faire justice ! La honte et la peur ne me poussait-elle pas à fuir ma responsabilité de témoin de dysfonctionnements graves !

Dimanche, c’est le pardon de l’Église que j’ai reçu en plein cœur, nécessaire et si efficace ! Il crée en moi un miracle : libérer la parole, c’est commencer à sortir de l’emprise. Quelle grâce ! J’ai le sentiment de sortir de mon enfermement. C’est pourquoi je souhaitais vous dire toute ma gratitude. La facilité avec laquelle j’ai écrit à l’évêque concernée par la situation cette semaine confirme la guérison profonde reçue dimanche. Je ne peux que rendre Gloire à Dieu !

Avec [mon mari], nous sommes décidés à vivre un accompagnement spécifique par rapport à l’abus vécu en communauté. Connaissez-vous quelqu’un qui pourrait nous permettre d’avancer sur ce chemin de guérison ? Avec toute mon amitié en Jésus.

Sous le patronage de Sainte Joséphine Bakhita

Joséphine Bakhita est née au Soudan en 1869. Très jeune, elle est enlevée par des trafiquants d’esclaves, battue jusqu’au sang et vendue à plusieurs reprises sur les marchés soudanais. En 1882, à Khartoum, elle est rachetée par le Consul italien Legnani et, à sa grande surprise, traitée avec bienveillance. Il l’emmène avec lui en Italie et la confie à un couple ami, les Michieli, qui en feront l’éducatrice de leur fille, Mimmina. C’est à ce moment-là qu’une rencontre change le cours de sa vie : « À présent, elle entendait dire qu’il existait un “Maître” au-dessus de tous les maîtres, le Seigneur des seigneurs, et que ce Seigneur était bon, la bonté en personne »(Benoît XVI). Elle se savait enfin connue et aimée pour elle-même : « Elle était “rachetée”, elle ne se sentait plus une esclave, mais une fille de Dieu libre » (Benoît XVI). Aussi refuse-t-elle de suivre les Michieli lorsqu’ils repartent sur les rives de la Mer Rouge pour gérer leurs affaires. Ils la remettent alors avec Mimmina entre les mains des Sœurs Canossiennes. À leur contact, Bakhita approfondit la connaissance de ce Dieu dont elle sentait, depuis son enfance, la présence en son cœur sans savoir qui Il était vraiment. Le 9 janvier 1890, elle est baptisée sous le nouveau nom de Joséphine par le Patriarche de Venise, qui lui confère aussi les sacrements de la confirmation et de l’eucharistie.

Cette nouvelle naissance la marque tellement qu’on la verra souvent baiser les fonts baptismaux et dire : « Ici, je suis devenue fille de Dieu ! ». Quand madame Michieli revient d’Afrique chercher sa fille ainsi que Bakhita, cette dernière manifeste sa ferme volonté de rester avec les Mères Canossiennes. Le 8 décembre 1896, elle prononce ses vœux dans la Congrégation, se consacrant pour toujours à celui qu’elle appelle « Mon Maître ».

Durant cinquante ans, elle vit en humble Fille de la Charité dans la maison de Schio où elle travaille tour à tour comme cuisinière, lingère, brodeuse et portière. Sa douceur, sa simplicité et son éternel sourire conquièrent tous les cœurs. Elle se déplace en Italie, quelques années durant, pour témoigner de son étonnant parcours de vie : « L’espérance qui était née pour elle et qui l’avait “rachetée”, elle ne pouvait pas la garder pour elle » (Benoît XVI). Puis vient l’heure de la vieillesse et de la maladie qui n’altèrent pas son sourire ni sa bonté. Au moment de l’agonie, elle revit les jours noirs de son esclavage en suppliant à maintes reprises son infirmière : « Lâchez un peu les chaînes… elles me font mal ! » Le 8 février 1947, la Vierge Marie lui ouvre la porte du Ciel et elle meurt dans un dernier sourire en disant : « Notre-Dame ! Notre-Dame ! » Elle est canonisée par le pape Jean-Paul II le 1 er octobre 2000.

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